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Lauréat FAIRE 2018

Aéro-Seine

Isabelle Daëron / Ogi / CSTB

AÉRO-SEINE Conçu par Isabelle Daëron, Aéro-Seine est une bouche de rafraîchissement qui, reliée au réseau d’eau non potable, permet en période de forte chaleur de contribuer à rafraichir l’air ambiant grâce a un dispositif par débordement favorisant le contact entre l’eau et l’air.

Conçu par Isabelle Daëron, Aéro-Seine est une bouche de rafraîchissement qui, reliée au réseau d’eau non potable, permet en période de forte chaleur de contribuer à rafraichir l’air ambiant grâce a un dispositif par débordement favorisant le contact entre l’eau et l’air.

" Les villes denses et fortement minérales seront de plus en plus confrontées au phénomène des îlots de chaleurs. À Paris, les températures moyennes quotidiennes sont déjà régulièrement de 2°C à 3°C supérieures au reste de l’Ile de France. Cela peut atteindre en été des écarts de 10°C par rapport aux zones rurales voisines. Alors qu’on annonce d’ici la fin du XXIe siècle une augmentation des températures moyennes quotidiennes de 2°C à 4°C, avec un nombre croissant d’épisodes caniculaires, une adaptation du territoire parisien aux enjeux climatiques se fait pressante. Il s’agit de penser dès aujourd’hui de nouveaux moyens pour rafraîchir l’espace public.

La Ville de Paris comporte une spécificité qui pourrait constituer une réponse : le réseau d’eau non potable. Ce dernier, conçu au milieu du XIXème siècle pour l’arrosage des espace verts et le nettoyage de la voirie, tire son eau du Canal de l’Ourcq et de la Seine. L’infrastructure composée du réseau et d’usines de dégrillage permet de produire une eau moins chère et moins énergivore que l’eau potable. Dès lors comment rafraîchir l’espace public à partir d’une eau non potable en respectant les normes sanitaires ?

Pour y répondre, nous avons imaginé un principe de bouche de rafraîchissement. Comme les bouches d’arrosage ou de lavage présentes dans la rue, la bouche de rafraîchissement serait reliée au réseau d’eau non potable et pourrait être ouverte avec une clef par un agent de la ville en période de forte chaleur. Le dispositif fonctionne par débordement. Une fois ouverte, l’eau monte et se répand sur une surface constituée d’un matériau poreux (quartz). Ce dernier permet d’augmenter la surface de contact entre l’eau et l’air, et ainsi de contribuer à rafraîchir l’air ambiant.

Dans une étude sur le devenir du réseau d’eau non potable de Paris, l’APUR estime que « la combinaison du phénomène d’aspersion et d’une chaussée spécifique aboutit à des résultats spectaculaires (...) Il s’agit d’arroser les surfaces ensoleillées, le matin avant 10h et l’après-midi après 16h, à raison d’1L par m2 toutes les 30 minutes (soit 2L/m2/h). Ce procédé permet d’aboutir à une baisse de la température de l’air d’environ 2°C le matin et 4°C l’après-midi ». Aussi des tests d’arrosage de la chaussée pratiqués à Paris en juillet 2017 par des chercheurs du LIED et de l’université Diderot ont permis de relever des différences de températures de près de 15 °C à la surface du sol, avec une baisse de la température ressentie pouvant aller jusqu’à -1,5°C.

Un premier prototype de bouche de rafraîchissement a été réalisé mais ce projet nécessite aujourd’hui d’être expérimenté dans le milieu urbain pour évaluer les performances de rafraîchissement en conditions réelles. Dans le cadre de l’appel à projet FAIRE DESIGN URBAIN, notre projet consiste à concevoir une bouche de rafraîchissement adaptée à un site à Paris. Il pourrait s’agir par exemple d’intégrer un tel dispositif dans des zones minérales en reconversion comme la Porte de Vincennes, la Porte de Versailles ou la Porte de France.

L’enjeu est de définir un site d’expérimentation (encombrement, adaptation au réseau d’eau existant, création d’un motif spécifique au lieu, etc.) et de tester tout autant ses performances en terme de rafraîchissement de l’espace public (relevés, études) que son intégration au paysage urbain et aux usages de l’espace public. " 

Isabelle Daëron, designer / Ogi, bureau d’études / CSTB
Projet réalisé par 
Isabelle Daëron, designer
Ogi, bureau d’études
CSTB

STUDIO ISABELLE DAËRON
Depuis 2010, Studio Isabelle Daëron  développe son activité dans les domaines du design urbain, de la scénographie et de la recherche, avec un intérêt particulier pour les enjeux relatifs à l’espace public (eau, énergie, mobilité).

BUREAU D’ÉTUDES OGI
OGI est un bureau d’études spécialisé dans les études et travaux d’aménagement d’espaces publics. Composée de 58 ingénieurs et techniciens, OGI rassemble l’ensemble des compétences techniques permettant de concevoir un projet d’aménagement : voirie, réseaux, génie-civil, gestion de l’eau, assainissement, espaces verts, dépollution, dossiers réglementaires, etc.

CSTB
Créé en 1947, le CSTB est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), qui a pour mission de garantir la qualité et la sécurité des bâtiments, et d’accompagner l’innovation de l’idée au marché. Pour ce faire, le CSTB a structuré ses activités en quatre activités principales : La Recherche et l’Expertise, pour penser le bâtiment et la ville de demain, l’Évaluation, pour vérifier l’intégrabilité des solutions innovantes, la Certification, pour valoriser et garantir la qualité des produits sur le marché,la Diffusion du savoir et des connaissances, pour soutenir les compétences des acteurs.

@FAIRE_PARIS

  • 13 / 12    19:53
    Le projet lauréat de #faire2017 « Tranformations pavillonnaires, Faire la métropole avec les habitants » est présen… https://t.co/5BjBPKJ1pN
  • 19 / 11    19:50
    RT @alexcyclo: Comment dvlp des projets de R&D en design et archi sur les sujets urbains de @Paris ? Le @PavillonArsenal fait un premier re…
  • 19 / 11    19:48
    FAIRE CLUB #2 Point d’avancement des projets, rencontre et échange avec toutes les équipes lauréats de 2017 &2018… https://t.co/VRfSCVMmVb